Le pont de Volonne

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Une antique voie romaine

Le village de VolonneLe visiteur qui arrive à Volonne depuis la nationale 85 doit franchir la Durance sur un magnifique pont à hautbans construit en 2006 par la compagnie Eiffage et qui a bénéficié des mêmes avancées technologiques qui permirent la réalisation, par la même entreprise, du pont de Millau.

Le passage de la Durance à la hauteur de Volonne ne date pas d’aujourd’hui. A l’époque romaine, Volonne était située sur une voie romaine reliant Riez à Sisteron. Cette voie longeait la rive gauche de la Durance tandis que la route principale moderne, la nationale 85, longe aujourd’hui la rive droite.

Dans l’antiquité, les habitants de la rive droite devaient donc traverser la Durance pour rejoindre cette grande voie. La Durance a toujours été une rivière tumultueuse aux crues imprévisibles et au lit toujours changeant. Aussi, sa traversée se faisait en des passages déterminés et à l’aide d’une barque.

La barque de Volonne

L’un de ces passages se situait à la hauteur de Volonne. Une barque permettait de passer d’une rive à l’autre de la Durance et ceci depuis le Moyen-Age. La concession de la barque de Volonne eut au cours des siècles de nombreux propriétaires. En 1656, le seigneur du pays, Pierre Maurel, rachète la barque et ses dépendances. Ses descendants la possèderont jusqu’à la Révolution.

Le bac de VolonneComme tous les bacs situés sur le cours de la Durance, la barque de Volonne était un bac fonctionnant selon le système « arbre-traille » : « Le bac est relié à une corde tendue entre les rives et fonctionne sans force motrice, grâce à celle du courant agissant sur la quille du bateau, formant un angle à cet effet. Le gouvernail imprime la vitesse et selon la position que le passeur lui donne, la barque traverse plus ou moins vite. » Jean-Paul Clébert

« Parmi les agrès des bacs de Durance, l’ « arbre » (dit aussi mât, aiguille ou pal) tient une place prépondérante au même titre que le gouvernail (désigné par les termes de govert, gouvert ou rame). Le rôle de l’arbre était en effet essentiel : c’est grâce à lui que la traversée pouvait s’effectuer sans encombres. Situé au tiers avant du bateau, atteignant plusieurs mètres de haut et légèrement recourbé vers l’arrière, il venait s’appuyer contre la traille, retenant ainsi le bateau positionné à contre-courant, la proue vers l’amont.

Le système arbre-trailleLors de la traversée, après que le bateau ait été éloigné de la berge à l’aide d’une perche et placé dans le fort de la veine d’eau, le courant venait frapper sur le flanc de l’embarcation, légèrement inclinée grâce à la position donnée au gouvernail, lui donnant ainsi son impulsion ; par l’intermédiaire de son arbre, le bateau coulissait alors sur la traille et avançait en crabe jusqu’à la rive opposée. Le couple arbre-traille constituait ainsi le coeur du système de traversée. » Catherine Lonchambon

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Les tours de Volonne

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Le village et les toursEn arrivant à Volonne après avoir franchi la Durance grâce au magnifique pont à haubans construit en 2006, l’attention du visiteur est attirée par la présence de deux tours énigmatiques qui surplombent le village. Perchées l’une et l’autre sur une étroite crête rocheuse, elles semblent veiller sur le destin des villageois sans que l’on comprenne vraiment comment, c’est à dire que l’on ne devine pas au premier abord quelles ont été leurs véritables fonctions.

La tour de guet

La tourLa plus haute tour aurait été construite au début du XIe siècle. Il y avait à cet endroit une petite construction militaire, un lieu fortifié dont l’unique usage était de servir de point d’observation à une époque où les invasions étaient fréquentes et leurs conséquences désastreuses. Du sommet du piton rocheux, on jouit effectivement d’une vue d’ensemble sur la moyenne vallée de la Durance et l’on comprend aisément que le seigneur du lieu ait pu faire construire cette tour pour parer à toute menace venue de l’extérieur. Une partie de ce système défensif existe encore sous la forme d’un chemin de ronde que l’on peut atteindre à partir de la rue de Vière.

Vestige de la tourAu pied de la tour, du côté est, se trouve une petite plate-forme sur laquelle semble avoir existé une construction. De toute évidence, cette tour était l’élément le plus important de l’ensemble. C’est ce qui explique le soin particulier avec lequel elle a été construite.

Les vestiges de cette tour se présentent sous la forme d’un pan de mur très élevé percé au niveau du sol d’une belle baie romane bien conservée et à mi-hauteur d’une deuxième ouverture de forme rectangulaire dont on ignore la fonction. Les murs en sont très épais et malgré les apparences jouissent encore d’une étonnante stabilité. Cette tour a fait l’objet d’un chantier de restauration entrepris par la mairie de Volonne en partenariat avec la Fondation du Patrimoine.

La tour de l'horlogeNous ne savons pas grand chose au sujet de cette tour. La seule chose dont nous soyons certains, c’est qu’elle était encore utilisée pendant les Guerres de Religion et de la Ligue car une délibération du 27 octobre 1596 nous apprend qu’un petit contingent de soldats y montait la garde. Nous ne savons rien de plus à propos de l’histoire de cette tour qui se dresse pourtant sur son promontoire rocheux depuis près de mille ans !

Chaque fois que l’histoire est prise en défaut, les légendes et les récits les plus fantaisistes prennent le relais. Ainsi, on a prétendu que cette tour avait servi de tour à signaux, correspondant avec celle d’Aubignosc et avec une autre située à Montfort. On a dit également qu’elle communiquait par un souterrain avec l’église Saint-Martin située aujourd’hui dans le cimetière. Nous ne possédons aucune preuve ni de l’une ni de l’autre de ces deux affirmations.

Plus prosaïquement, on sait que la tour a servi de paratonnerre ce qui semble bien plus plausible.

La tour de l’horloge

L'horlogeLa seconde tour est de construction plus récente. Elle date du XVIe siècle et semble avoir toujours abrité l’horloge communale : la relogi en provençal. Une délibération du 7 janvier 1601 nous apprend que : « Les syndics donnent la conduite et gouvernement du relogi à Daniel Guigues pour 4 escuts et pour un an ». Quatre-vingt ans plus tard, une délibération du 19 mai 1681 « donne à prix-fait d’accomoder l’horloge et d’y mettre une réplique ».

D’autres répliques durent être installées au cours des temps car l’horloge actuelle ne date que du XIXe siècle et donne toujours l’heure exacte aux villageois. L’intérieur rappelle celui d’un colombier de forme carrée sauf qu’il n’y a pas de boulins. Plusieurs échelles en bois permettent d’atteindre les paliers successifs de la tour jusqu’au sommet où se trouve le mécanisme de l’horloge qui semble fonctionner aujourd’hui à l’électricité si on en juge par la présence d’une ligne électrique.

Le sentier Heyriès

Un sentier permet d’accéder aux deux tours dans les meilleures conditions possibles. Il a été aménagé grâce à la générosité de Paul Heyriès à laquelle une plaque rend hommage depuis octobre 1983.

Plaque Paul Heyriès

Le tour de Tigne

Tigne est le nom d’un sommet rocheux qui se dresse non loin de là vers le nord. Le chemin part des deux tours et traverse la forêt des Pénitents avant d’atteindre le sommet et de redescendre par le ravin de la Grave.

Chemin de Tigne

Ouvrage consulté pour la rédaction de cet article :

Volonne, sa géographie, son histoire, Camille Raymond, d’après l’oeuvre manuscrite de Pierre Donnadieu, secrétaire de mairie à Volonne. Forcalquier, Imprimerie Testanière, 1961

Sur internet :

La tour de guet de Volonne sur le site Fondation du Patrimoine

Les tours de Volonne et la balade du sommet de Tigne sur le site Balade en Provence

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La Baume Bonne et la préhistoire du Verdon

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Une grotte habitée pendant  400 000 ans

Visiteurs dans la grotteLes visiteurs qui découvrent la grotte de la Baume Bonne aujourd’hui se doutent-ils qu’ils se trouvent dans un lieu qui était déjà habité il y a 4000 siècles ? Les fouilles effectuées ont en effet révélé une occupation quasi continue depuis le paléolithique supérieur jusqu’au néolithique.

Pourquoi les hommes ont-ils choisi de vivre ici, dans cette grotte, plutôt qu’ailleurs ? C’est que la région a offert, à toutes les époques (c’est à dire les périodes froides comme les périodes tempérées), toutes les ressources nécessaires à la vie des populations.

En premier lieu, les ressources minérales pour la confection d’outils et d’armes nécessaires à la chasse : gisements de silex, calcaire siliceux, grès, quartz, quartzite, roches métamorphiques charriées depuis les Alpes par la Durance, roches roulées par le Verdon et ses affluents, poudingues du plateau de Valensole.

Technique de la pierre taillée

La région du Verdon a également fourni toutes les ressources végétales nécessaires pour se nourrir (car les hommes de cette lointaine époque se nourrissaient aussi de fruits et de baies sauvages et pas seulement des produits de la chasse) ou pour fabriquer, à l’aide du bois, des armes et des outils. Enfin, toute la région était riche d’une faune animale nombreuse et variée qui permettait aux hommes de pratiquer la chasse et la pêche.

MammouthLa faune et la flore ont, comme partout ailleurs, sans cesse varié au cours des temps préhistoriques selon que régnait un climat froid ou un climat tempéré mais l’homme a toujours su s’adapter aux nouvelles conditions de vie comme l’attestent les restes d’animaux et de végétaux retrouvés lors des fouilles.

N’oublions pas non plus l’importance de l’eau pour l’établissement d’une population humaine. Or, de l’eau, nos lointains ancêtres qui ont vécu dans la région du Verdon, n’en ont jamais manqué grâce précisément au Verdon mais aussi à ses affluents sans oublier la Durance qui coule non loin de là et dans laquelle se jette le Verdon ainsi que les cours d’eau qui traversent le plateau de Valensole (le Colostre, l’Auvestre).

Grotte de Baume BonneEnfin, il faut pouvoir s’abriter, se mettre à l’abri du froid et des intempéries, se défendre des animaux sauvages et même, plus tard, de nouvelles populations étrangères à la région au comportement souvent hostile. Or, la région du Verdon offre un vaste choix de grottes, avens, abris sous roches, falaise escarpées et promontoires rocheux faciles à défendre.

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