Le Grand et le Petit Laoucien

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Un phénomène géologique étrange

Le Grand LaoucienDans le sud de la Provence verte, dans la vallée de l’Issole, entre La Roquebrussanne et Garéoult, dans le département du Var, on peut observer deux étranges formations géologiques appelées « Grand et Petit Laoucien ».

D’après papyfred de Géoforum, « laoucien » (avec un c et non pas avec un t comme on le voit écrit parfois) proviendrait de lau (prononcer laou), qui signifie lac en provençal et de cien-ciencho un qualificatif signifiant contenu, enclos. Un laoucien est donc « un lac enclos ». Pourquoi enclos ?

Lorsqu’on découvre le site du Grand Laoucien pour la première fois, on est frappé par la présence de cet énorme trou au milieu de la campagne dont rien ne permettait de supposer l’existence. Le fond de ce trou étant rempli d’eau, on a l’impression de voir un lac enfermé par de hautes parois formant une sorte de cratère.

Des lacs de dolines

Le Grand LaoucienEn réalité, il n’en est rien et les deux Laouciens ne doivent rien à un quelconque phénomène volcanique. Le bassin de la Roquebrussanne est une vaste dépression, entourée de massifs calcaires et dolomitiques (Massif de l’Agnis, Montagne de la Loube, Pilon de Saint-Clément). Cette dépression est le résultat de l’évidement au cours de l’ère Tertiaire de terrains remontant au Trias. Ces terrains, fortement plissés, sont constitués de calcaires et de dolomies comme les massifs environnants mais aussi de marnes et d’argiles avec des lentilles de gypse et d’anhydrite. La dissolution de ces roches sulfatées produit des effondrements.

Le Grand LaoucienLa présence dans la région de sources riches en sulfates et en chlorures témoigne de cette dissolution (source Saint-Médard près de Garéoult). Elle se traduit par des phénomènes d’effondrement subits. Ce phénomène n’est pas localisé à la région de la Roquebrussanne. On en trouve dans tout le département du Var (dolines des Pesquiers, clapes de la vallée de la Nartuby, Gourgs Bénis à Bras, etc).

Situées au pied de la Montagne de la Loube, le Grand et le Petit Laoucien sont deux dolines d’effondrement dues à la présence dans le sous-sol de cavités instables résultant de la dissolution du gypse et du sel contenus dans des couches géologiques datées du Trias moyen (appelé aussi Muschelkalk wikipedia anglais).

La particularité des laouciens est que la cavité résultant de l’effondrement des couches sédimentaires s’ouvre sur la nappe phréatique au lieu de se contenter d’engloutir une maison ou d’avaler une portion de route comme cela arrive parfois.

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La poudre noire

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Une invention chinoise

La poudre noire, appelée aussi poudre à canon, est un mélange de salpêtre (ou nitrate de potassium, du latin salpetrae « sel de pierre »), de soufre et de charbon de bois.

Sun Simiao, alchimiste chinoisOn attribue généralement son invention aux Chinois qui la nommaient huoyao, ce signifie « drogue à feu » ou « médicament à feu » car le soufre et le salpêtre appartenaient à la pharmacopée chinoise et étaient utilisés comme remèdes sous la dynastie Han. La poudre elle-même était considérée comme un traitement efficace contre la gale, les rhumatismes, les maladies infectieuses et parasitaires.

Elle intéressait aussi les alchimistes chinois qui cherchaient à produire « l’élixir de vie ». Au IXe siècle, sous la dynastie Tang, Sun Simiao, un célèbre médecin chinois, explique, dans un ouvrage intitulé Danjing nei fu liuhang fa (Classique de la poudre analysant le procédé du salpêtre), que, si l’on mélange du soufre et du carbone au salpêtre, on obtient une combustion violente si on y met le feu.

Fourneau en bronze de la dynastie SongDans un autre ouvrage daté de 1044, intitulé Zhen yuan miao dao yaolu (La Route importante, voie vers les merveilleuse principales vérités), il est conseillé d’éviter ce mélange qui risque de produire une explosion.

A la même époque, le Wujing Zongyao, (Principes généraux du Classique de la guerre)  de Zeng Gongliang donne une méthode de fabrication de grenades à poudre dont l’utilisation consiste essentiellement à produire du bruit. C’est la première arme explosive mentionnée dans l’histoire.

Vers 1130, des tubes de bambou remplis de poudre noire sont les ancêtres de nos « lance-flammes ». Par la suite, on a l’idée d’y introduire des flèches afin de les propulser à l’aide de l’explosion produite par la poudre. Un pas de plus est franchi vers la fabrication de véritables « armes à feu ».

manuscrit chinoisAu XIIIe siècle, toujours en Chine, apparaissent les grenades à corps de fonte. Les premières pièces d’artillerie métalliques chinoises seraient apparues au XIVe siècle et auraient été en bronze. Vers la fin de ce siècle, apparaissent les premières fusées.

Les techniques de fabrication de la poudre auraient été transmises au monde arabo-perse entre le VIIIe siècle et le IXe siècle. En 1240, un ouvrage arabe de formules médicinales mentionne la poudre noire. Le salpêtre est alors appelé « neige de Chine ». En 1280, al-Hasan al-Rammah décrit l’usage de la poudre noire dans un livre traitant de la cavalerie et des stratagèmes militaires.

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