En suivant la Route Cezanne, route classée

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Photo à la une : archives Méjanes 13, 6 Fi 9809 – Environs d’Aix-en-Provence : route du Tholonet, Société Editions de France, 1951.
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En installant son chevalet pliant et portatif dans la campagne aixoise, Paul Cezanne a peint les routes qui la sillonnent : la route de Valcros qui mène chez sa sœur et au bord de l’Arc depuis le Jas de Bouffan, le chemin des Lauves au-dessus de son atelier, et la route du Tholonet qu’il emprunte régulièrement toute sa vie, soit à pied, soit en calèche pour se rendre vers Château Noir et le plateau de Bibémus. Là il plante son chevalet dans les sous-bois épais qui le protègent des regards indiscrets.

De grands esprits, artistes, poètes, philosophes, se sont, au cours des temps, épanouis en ces lieux. Paul Cezanne bien sûr et ses amis Émile Zola, Baptistin Baille, Philippe Solari, Aurélien HouchardJoseph Ravaisou, mais aussi à sa suite, Fernand Pouillon, Maurice Blondel, Léo Marchutz, André Masson, Pierre Tal-Coat, Jacqueline de Romilly, Pierre Teilhard de Chardin, Jacques Duby et bien d’autres encore.

Peintres et écrivains de la Route Cezanne

C’est en hommage à l’œuvre de Paul Cezanne que, par décret du 17 juillet 1959, le Ministre des Affaires Culturelles, André Malraux a classé « La Route Cezanne » au patrimoine, celle-ci étant alors la seule route classée de France. Pour retrouver les motivations profondes de cette aventure, il faut rappeler les liens amicaux de politique et de culture entre André Malraux et André Masson, leur goût commun pour les arts en général et la peinture en particulier.

Grâce à l’extraordinaire beauté de ses paysages, ce site protégé, devenu en 2016 « Site Patrimonial Remarquable », est connu du monde entier et participe au rayonnement culturel de notre pays.

La petite route du Tholonet

Dans son ouvrage Route Cézanne, route classée, Guy Ballossier nous propose une rencontre avec la Route Cézanne, nous invite à suivre les traces du grand maître, à reconnaître et approcher quelques-uns des points de vue de ses célèbres paysages dans leur cadre naturel.

Ballossier (Guy), Route Cézanne, Route classée, Éditions Flâneries, 2009

Ce livre est aujourd’hui épuisé mais on peut le consulter à la bibliothèque Méjanes et aux Archives Vovelle (E-book à venir). Cet article, qui reprend l’esprit de l’ouvrage  permettra de découvrir, en flânant comme le proposait Guy Ballossier, la richesse patrimoniale et les curiosités du parcours.

Panneau réalisé par François Gilly  pour La Route Cezanne piétonne de 2006 et sa dédicace pour le livre de Ballossier

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Antoine de Saint-Exupéry : la vérité sur sa mort 60 ans après

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Dans de nombreux livres, sur de nombreux sites internet, les circonstances de la mort de Saint-Exupéry ne sont toujours pas explicitées ; jusqu’à très peu de temps, on ne connaissait ni le lieu exact, ni les circonstances de sa disparition. A partir de sources les plus proches possibles des découvreurs, cet article a pour but d’énumérer les principales péripéties de l’enquête émaillée de quelques fausses pistes.
Première publication : 5 avril 2013. Mise à jour : 23 octobre 2016.

Biographie
L’enfant

Jean de Saint-Exupéry rencontre Marie Boyer de Fonscolombe, arrachée à sa Provence natale. Il l’épouse le 8 juin 1896 et le couple s’installe à Lyon.

Antoine, né le 29 juin 1900 à Lyon, est le troisième d’une famille de cinq enfants. Turbulent et désordonné, Antoine invente continuellement des jeux en exigeant des autres de s’y soumettre. Il écrit des vers et se fâche quand on ne l’écoute pas avec attention. Il fait preuve d’une étonnante curiosité pour les moteurs, les trains et les engins volants. Plus tard, il déposera quelques brevet d’invention à l’INPI.

Le pilote
  • Antoine vole la première fois en juillet 1912. Ayant obtenu son brevet civil en 1921, il reçoit une formation de pilote militaire au Maroc, dans les environs de Casablanca où il est muté le 2 août 1921. De retour du Maroc il est dirigé sur Istres (Bouches-du-Rhône) où il s’entraîne sur un vieil avion Caudron G3. Le 23 décembre 1921, il obtient son brevet de pilote militaire. Le 5 février 1922, il est nommé Caporal. Le 3 avril 1922, il est admis élèveofficier de réserveIl a une réputation d’incorrigible distrait.
  • Sur recommandation d’un ami de la famille, le général Barès, Antoine de Saint-Exupéry est engagé par la Compagnie aérienne française (C.A.F.) en 1924.
  • En 1926, Antoine de Saint-Exupéry est recruté par Didier Daurat à Toulouse Montaudran ; il fait son entrée à la Compagnie Générale d’Entreprise Aéronautique (C.G.E.A.), dirigée entre autres par Pierre-Georges Latécoère. Enfin,il rejoint la famille des pilotes Jean Mermoz et Henri Guillaumet.
  • En avril 1931, à Agay (Var) où réside sa soeur, il se marie avec Consuelo Suncin, à la fois écrivaine et artiste salvadorienne qu’il a connue à Buenos Aires. Elle décèdera en 1979.
  • Après une année au service du courrier, Antoine de Saint-Exupéry est nommé chef d’aéroplace à Cap Juby (Tarfaya). En décembre 1935, il se lance dans le raid Paris-Saigon.
  • En janvier 1938, il renouvelle l’aventure et tente le raid New-York-Terre de Feu sur son nouveau Simoun modèle C635. Accompagné du fidèle André Prévost, il embarque à bord du paquebot Ile de France, emportant le Simoun démonté.
  • Dans les jours qui suivent la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne le 3 septembre 1939, Antoine de Saint-Exupéry est mobilisé. Il est affecté à la base de Toulouse-Francazal dans une unité de bombardiers où il doit suivre des cours de formation. Cette situation à l’arrière lui déplaît : il veut voler.
  • Le 1er avril 1943, désespéré de ne pas servir son pays, il obtient de la mission Béthouart un ordre de mobilisation. Désormais, les hommes sont intégrés dans le groupe de reconnaissance photographique commandé par le colonel E. Roosevelt. Les appareils de son groupe sont des Lightning P38 ; le règlement établi par les Américains interdit à ceux ayant dépassé la trentaine de piloter ces engins (650 km/heure, 13000 m d’altitude). Il est âgé de 43 ans. Avec une dispense exceptionnelle, en juin 1943, il est autorisé à voler. Le 19 juin, il est reconnu provisoirement apte à voler en P38.
  • Le 25 juin 1943, il est promu commandant et le 29 juin il subit avec succès un test médical. Le 2 juillet, il suit son unité à La Marsa (Tunisie). Le 21 juillet, il effectue sa première mission de reconnaissance au-dessus de la Côte d’Azur. Au retour de la seconde, des incidents de pilotage et une certaine nonchalance en ce qui concerne les consignes techniques lui valent d’être suspendu de vol le 1er août 1943.
  • Après avoir multiplié les entrevues et les suppliques, il obtient l’autorisation de voler à nouveau. Il est affecté à la 31escadre de bombardement début avril 1944. Le 16 mai 1944, il obtient son détachement de la 31e escadre (Sardaigne). Le 14 juin, son premier vol de reconnaissance se déroule au-dessus de Rodez et d’Albi. Le 23 juin, sa seconde mission l’emmène vers Avignon. Le 29 juin, jour de son anniversaire, il vole au-dessus de Grenoble.
  • Le 17 juillet 1944, son unité est transférée à Borgo (Corse) : de là, les hommes doivent préparer le débarquement de Provence.
  • Le 31 juillet 1944, il prend place dans le Lightning n°223 pour une mission de reconnaissance sur la région de Grenoble et Annecy. À 8h35, il décolle de la base de Borgo sa dixième mission dont il ne reviendra jamais. C’est sans doute René Gavoille qui écrira sur le carnet d’activité aérienne, une simple mention : « Mission photo en haute altitude sur le sud de la France. Non rentré. »

Eléments extraits du site officiel 

Quelques unes de ses oeuvres

Écrit pendant son séjour en Argentine, Vol de nuit reçoit un accueil enthousiaste des lecteurs dés sa parution en 1931.

Conte poétique et philosophique, Le Petit Prince est d’abord publié aux États-Unis en avril 1943 puis en France en 1946.

Antoine de Saint-Exupéry débute son activité journalistique en 1932 en livrant ses premiers articles à la revue Marianne nouvellement créée par Gaston Gallimard.

Enquête sur les circonstances de sa disparition

Près de 60 années durant, en dépit de multiples tentatives, le mystère de cette disparition ne sera jamais élucidé.

Un témoignage de 1944 qui prendra tout son sens bien plus tard

Voici quelques années, des copains de Raymond Cantier qui sont dans l’aviation, ont fait le rapprochement entre le témoignage de leur ami et la disparition de Saint-Exupéry.

Je faisais partie d’une petite structure de la Résistance, Jeune République, que dirigeait un gars qui s’appelait René Monory. […] Ce jour-là, avec des copains, nous étions coincés près de Marseilleveyre, à cause des soldats allemands d’une casemate. On se planquait quand j’ai vu un avion allié pris en chasse par un Allemand. […] J’ai dit à un de mes amis : ’Il ne va pas s’en sortir’. […] Les deux avions se suivaient d’assez près. L’Allemand a tiré, l’avion est tombé en mer… R. Cantier

Disparition de Saint-Exupéry : l’allemand a tiré, l’avion est tombé en mer, La Provence

L’hypothèse de 1994 : le cimetière de Carqueiranne

En 1994, une controverse avait surgi autour de nouveaux témoignages, contestés par la famille, affirmant que l’écrivain était enterré dans un cimetière de Carqueiranne, une petite commune du littoral varois. C’est le corps d’un homme

âgé de trente à quarante ans, taille d’environ un mètre soixante quinze, de corpulence vigoureuse, […] auquel adhéraient encore quelques lambeaux d’effets militaires

qui avait été repêché au large de la ville le 3 septembre 1944. La famille du pilote écrivain s’était toujours refusée à son exhumation.

Les expéditions : dans la baie des Anges, 1992 et Giens, 1993

En 1981, Daniel Décot, historien spécialiste de l’aviation, exhume un rapport de la Luftwaffe où l’aspirant Robert Heichele affirme avoir été attaqué ce fameux 31 juillet 1944 par le double fuselage si caractéristique d’un Lightning au-dessus de Castellane. L’Allemand aurait descendu son ennemi en combat singulier, avant de le voir s’abîmer en mer à 12 h 5, à une dizaine de kilomètres au sud de Saint-Raphaël.

Le témoignage de Robert Heichele relance l’enquête ; une expédition de recherches, en octobre 1992, est financée par le Champagne Louis Roederer – dans la baie des Anges, non loin de Nice. A bord du Suroît, navire de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), les compagnons de route de Saint-Ex, René Gavoille et Jean Israël, ainsi que Frédéric, le petit-neveu de l’aviateur. Pendant quinze jours, les moyens les plus perfectionnés sont utilisés pour localiser l’avion. Sans succès.

Une seconde campagne, dans le golfe de Giens est un nouvel échec.

La pêche miraculeuse de Jean-Claude Bianco, le 7 septembre 1998.

En découvrant, par hasard, le bijou de l’écrivain, Jean-Claude Bianco, pêcheur marseillais propriétaire du chalutier l’Horizon, relance l’affaire contre son gré. Le 7 septembre 1998, ses filets remontent une drôle de concrétion calcaire où brille la chaîne en argent. Outre les nom et prénom du pilote disparu et celui, entre parenthèses, de sa femme, se lisent sur deux autres lignes : « c/o Reynal & Hitchcock », puis « 386, 4th Ave. NYC USA », les éditeurs de l’auteur et leur adresse.

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Antoine Sartorio, sculpteur

Publié le Catégories * 04, * 06, * 13, * 83, * 84, Tout le resteMots-clés 2 commentaires sur Antoine Sartorio, sculpteur

Antoine Sartorio est l’un de nos plus grands sculpteurs du XXe siècle. Il nous a laissé une abondante production dont une bonne partie dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. C’est la raison pour laquelle j’ai écrit cet article.

Le soldat-sculpteur

pierre_perc__e.jpgAntoine Sartorio est né à Menton en 1885. Il a passé la fin de sa vie à Jouques où il est mort en 1988. Enrôlé comme simple soldat pendant la Première Guerre Mondiale, Antoine Sartorio imagine très tôt des sujets à la gloire des troupes françaises combattantes. Il réalise notamment le bas-relief Aux Morts glorieux, pour la patrie et l’Humanité à Senones (Vosges) et un autre à Pierre Percée intitulé Pour la France sur lequel il représente les soldats du 363e régiment d’infanterie auquel il est incorporé. En 1919, sa renommée de sculpteur de la Grande Guerre est telle qu’il est chargé de réaliser le cénotaphe des fêtes de la Victoire du 14 juillet 1919.

Le sculpteur monumental

Après la guerre, Antoine Sartorio entame une longue carrière de sculpteur notamment pour la réalisation de monuments commémoratifs commandés par l’Etat et de monuments aux morts pour les communes. Ses thèmes préférés qui lui valent l’engouement du public sont les lauriers de la victoire et les figures féminines allégoriques évoquant la victoire de 1918.

Mais Antoine Sartorio ne se cantonne pas à la sculpture commémorative. Il réalise aussi des bas-reliefs et des frises sur des ouvrages d’art de l’État et des bâtiments administratifs. Il a aussi représenté des thèmes religieux et réalisé des bustes et des bronzes.

« L’oeuvre d’Antoine Sartorio intéresse surtout la période entre deux guerres. Il incarne parfaitement ces artistes des années trente qui sont épris d’art monumental et qui travaillent en étroite collaboration avec les architectes. Ses recherches se font toujours sur le plan de l’architecture et de la symbolique. Son style Art Déco allie des lignes très pures et des volumes qui évoluent vers la géométrisation. » D’après Violaine Ménard-Kiener, petite fille d’Antoine Sartorio (ouvrage cité en référence)

Antoine Sartorio a notamment travaillé avec les architectes Gaston Castel et Paul Tournon.

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