La plus belle lettre d’amour d’Antoine de Saint-Exupéry à Sylvia

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UN VERITABLE COMPRIME D’AMOUR D’ANTOINE DE SAINT-EXUPERY à SYLVIA HAMILTON REINHARDT

Pour tenir son combat contre la guerre et contre son avion, Antoine utilisait fréquemment des comprimés de BENZEDRINE (voir plus loin, un de mes articles qui évoque de manière détaillée le dramatique recours de St-Ex à cette pernicieuse drogue de combat).

Pour tenir son tendre combat d’écrivain partageant difficilement sa vie intime avec plusieurs femmes, Antoine avait ses lettres, ses comprimés secrets d’amour tendre. De sa vie intime avec Sylvia Hamilton-Reinhardt naquit LE PETIT PRINCE, c’est elle qui fit naître le PETIT PRINCE, qui le vit naître… bien que l’accouchement ne fût pas très facile.
Nota en marge : Une thèse a été soutenue le 19 novembre 2011 par Colette BRANCHU à l’université de Montpellier 3 : ARCHEO-ANALYSE DE L’OEUVRE : LE PETIT PRINCE : L’écriture d’un secret ou la trace secrète d’une écriture hiéroglyphique L’authenticité du manuscrit de Sylvia Hamilton Reinhardt y est notamment évoqué (page 53 et 54 de la thèse)
Sinon…
 
Une des lettres envoyées par Antoine à Sylvia Hamilton-Reinhardt restera un exemplaire magnifique de ce qui pouvait bien se passer, se croiser, assez souvent, dans la tête de Saint-Exupéry.
New York, courrier signé et daté du 7 octobre 1942 provenant de la vente à Paris, le 20 mai 1976, n° 53 et resté depuis dans la même collection : 
Petite Sylvia cette lettre n’est ni une scène ridicule ni un mouvement d’amertume à ton égard. Je n’en ai ni le droit ni le désir. Je pense sur toi beaucoup plus de bien que tu ne crois. Tu es pleine de dons et de grâce. Tu as une immense gentillesse de cœur. Tu ne te conduis pas en idole à encenser (je hais ce genre de femmes) mais en être humain. Tu sais prendre des plaisirs légers. Tu sais raconter de vraies grandes histoires comme celle du pauvre diable qui a si royalement payé ta dette de cinq cents au restaurant. Que tu saches raconter n’est rien. L’important est que tu saches les distinguer, les vraies grandes histoires. Tu disposes de tous les moyens de séduction et sans doute tu sais en user parfaitement. Mais cela, à moi, n’importe guère. […]

Un être humain vaut ce que vaut le jardin que l’on y trouve. Un jardin n’a que de faibles moyens : le bruit de l’eau, le bruit du vent, l’odeur des herbes. C’est avec ça qu’il fabrique son enchantement. On y est bien, ou mal – on y respire bien, ou mal : cela seul compte. Le luxe et la rareté et le prix des fleurs c’est tout autre chose. Ce que j’aime de toi n’est point ton orgueil (qui sans doute est grand) c’est ton humilité. C’est la simplicité du vrai paysage. L’herbe y est jolie et l’eau y est fraîche. Ainsi, si les fleurs de luxe y sont belles, elles ne me gênent plus. Elles ne m’obligent pas à t’admirer comme l’on admire une exposition. Je trouve chez toi les fleurs des champs qui, seules, sont mes amies. Celles que je puis cueillir. Celles que tu donnes. Car tu es immensément généreuse. Et, malgré les hommages, et les compliments, et les encensoirs tu n’as pas réussi à l’oublier. Et, de même, ni les hommages, ni les compliments, ni les encensoirs n’ont réussi à te faire oublier que tu as soif. Que tu as soif de toute autre chose. Tu as soif aussi d’un ruisseau frais qui se donne à boire. […]

Petite Sylvia je suis un bien mauvais marin. Ma barque ne vous est pas douce. Et je ne sais guère où je vais. Tous vos reproches, sans exception, sont mérités. Et cependant ma tendresse est extrême. Quand je pose ma main sur votre front je voudrais le remplir d’étoiles et faire la paix dans vos pensées comme sur la mer. Je suis mal comme amant mais je suis bon berger. Je suis ami fidèle. Je suis silencieux et d’apparence distraite, mais je comprends beaucoup de choses. Petite Sylvia ne m’en veuillez pas trop. Je dois sans doute faire quelque chose dans la vie, qui est hors de l’amour, et suis terriblement tourmenté de ne pas savoir lire mon chemin dans les étoiles.

1942 – 1943 : Antoine de Saint-Exupéry a vécu presque un an avec et chez Sylvia Hamilton-Reinhardt, c’est chez elle, amoureusement / tendrement que fut écrit et dessiné l’intégralité du Petit Prince. Le plus étrange durant cette période est qu’il ne parlait pas un mot d’anglais et qu’elle ne comprenait que très difficilement le français… entre eux deux, le recours à un traducteur (trice) était quelquefois indispensable… mais ils se comprenaient autrement et magistralement.

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